L’amour entre hommes

L’amour entre hommes. Je pense avoir trouvé mon lieu.

La dernière fois, il y a trois semaines, ça avait été très bien. Donc, dimanche, j’appréhendais un peu. J’appréhendais d’autant plus que je n’allais pas boire (9e jour aujourd’hui). Eh bien, ce fut très bien.

Je suis arrivé, je me suis déshabillé (c’est l’usage le dimanche) et j’ai commandé un coca. Il y avait un type au bar, tout à fait consommable, et un autre sur le canapé, en face du grand écran – tout à fait bien de sa personne lui aussi, mais différent. Je me suis installé dans un coin du canapé et j’ai siroté mon coca. Ensuite, je suis descendu voir ce qu’il se passait en bas. À peine avais-je commencé ma visite que j’ai senti une main caressante dans mon dos. J’ai tourné la tête. C’était l’homme du bar. J’ai laissé glisser une main derrière moi pour vérifier l’état de son sexe. Je me suis excité en le caressant, l’air de rien, tandis qu’il laissait aller ses mains sur ma poitrine, sur mon ventre. Je lui ai demandé s’il connaissait l’endroit, s’il y avait un coin ou recoin qu’il appréciait, et je me suis laissé guider. Il m’a amené dans un lieu que je n’avais jamais remarqué. Deux mètres carrés à peine, et, au milieu, suspendu à quatre chaines, un rectangle de cuir épais. J’ai tout de suite compris à quoi servait ce genre de balançoire.

Préliminaires classiques. Je te suce, tu me suces, on se pince les seins, on s’embrasse un peu. Il me pénètre avec son doigt pendant qu’il me suce, parvient avec sa main libre à me caresser les seins. C’est délicieux. Est-ce que je pourrais vivre ça avec une femme, me demandé-je, un plaisir comme celui-là ? Je ne pense pas. A moins de tomber sur une coquine qui connaîtrait le corps des hommes. Je lui demande s’il a envie de me prendre, là. Oui. Et je m’installe sur l’épais cuir suspendu. Je cale bien mes fesses sur le bord, presqu’en dehors, les pieds posés sur les chaines, les jambes à la verticale. Il me lèche les seins, me suce encore et m’élargit le cul avec ses doigts. Un bonheur. Il met un préservatif et c’est là que c’est moins bien. Il débande. En tout cas, il ne bande plus assez fort pour entrer en moi. Tant pis. Un émotif sûrement, comme moi. Je reste cool et excité. Je lui dis de revenir vers moi, d’amener sa queue jusqu’à ma bouche. Je fais de mon mieux mais ça ne marche pas. Moi, je n’ai pas débandé. Je suis excité comme une puce – ou une chienne en chaleur. Nous sommes dans une impasse. Jusqu’à ce que je pense que depuis A. je peux être « actif ». Je lui demande s’il veut prendre ma place. Oui. Il en a envie. Très envie même puisque mon doigt n’a aucun mal à entrer en lui. Je le pénètre en douceur. Ma queue est au chaud. Je ne dirais pas que c’est délicieux, mais c’est bon. C’est étrange. Je n’ai pas l’habitude d’être celui qui pénètre. Mais cet accessoire, le cuir et les chaines, est parfait. Je fais balancer mon partenaire, le secoue sur ma bite. Je lui tire le bout des seins et je le branle. Je varie les rythmes selon mon plaisir et mes humeurs. Parfois, je l’immobilise, la queue profondément enfoncée en lui. Je passe mon bras dans son dos par-dessus son épaule et le colle à moi. Je le presse contre moi et je lui masse doucement l’intérieur avec ma queue. Il gémit. Il apprécie. Ce qui me plaît, en fait, dans le plaisir, c’est de donner du plaisir, en en prenant bien sûr. Il finit par éjaculer sur son ventre, sur mes doigts. Je le regarde jouir, en lui pressant la queue comme je le ferais avec la mienne. Il constate que je n’ai pas joui. Je lui dis que ce n’est pas grave, que ce n’est que le début de la soirée, que je suis là jusqu’à 23h, et que l’on pourra se retrouver plus tard s’il le désire.

Quand je remonte, l’autre homme est toujours assis sur le canapé. Je vais me laver les mains, le sexe, et je ne retrouve plus mon coca. J’en avais à peine bu quelques gorgées. Je demande au barman. Il me dit qu’il l’a enlevé et il m’en donne un autre. Je me réinstalle sur le canapé, à la même place qu’au début de la soirée, et je sirote mon coca, entièrement cette fois, à côté du type pas mal foutu en regardant sur le grand écran les sexes, les trous du cul et les godes de taille XXL. C’est agréable. J’ai vraiment pris goût à ce genre de chose (les images gay). Je me dis que je décoince, et je suis content, c’est une avancée, d’autant plus content que je parviens à être détendu sans avoir besoin d’alcool.

Au bout d’un moment, comme j’ai envie que cette soirée se poursuive sur un bon rythme, je fais des avances au type à côté de moi. Je lui demande s’il apprécierait de se faire sucer en regardant les images. L’idée lui plaît. Assez vite, il se met à bander très dur et à me caresser le trou du cul. C’est parfait. Mais je lui dis que ce serait encore meilleur avec du gel. Il part en chercher au sous-sol. Il revient également avec des préservatifs. Il me présente sa queue habillée et je m’assois dessus, en lui tournant le dos. C’est assez jouissif de se faire prendre comme ça en face de l’écran, d’autant plus que ce dernier – étonnant hasard – nous présente deux types faisant la même chose. Je suis comme devant un miroir, avec une autre tête. Quand je ne fais pas d’allées et venues de haut en bas, je me cale sa bite tout au fond et je fais glisser mon bassin d’avant en arrière. C’est délicieux. Mes couilles et ma queue frottent le bord du canapé et je me demande si je ne vais pas jouir ainsi. Peut-être l’a-t-il senti car il me décroche de lui et me fait mettre à quatre pattes sur le canapé, le cul tourné vers l’écran. Il me baise debout, mais pas longtemps. Je me demande ce qu’il fout. Je suis très excité. J’attends la suite. Peut-être une surprise? Je sens ses doigts en forme de cône qui m’ouvrent le cul. Ils sont recouverts de plastique. Je me rendrai compte plus tard qu’il avait réussi à mettre sa main dans un préservatif. J’aime être élargi. J’en profite. Je lui demande de remettre du gel. Mais, même avec beaucoup de gel, je n’aurais pas laissé entrer sa main. Peut-être une autre fois si l’on se revoit. Je pense qu’il faut un minimum de complicité pour faire ce genre de chose, se connaître, s’aimer peut-être. Il a ajouté du gel et c’est impeccable. Sa main entre jusqu’à la butée de ses métacarpiens. Il me baise avec sa main et se branle en même temps. J’ai su qu’il se branlait quand je l’ai entendu jouir sur le parquet.

Moi, je n’avais toujours pas joui. J’ai récupéré en regardant à nouveau les images et en buvant un deuxième coca. Il y avait deux types au bar, un couple à ce qu’il me semblait. Ils étaient arrivés juste avant le spectacle et en avaient profité. Je suis allé visiter les sous-sols. Il n’y avait personne. Ce qui voulait dire qu’à mon arrivée, nous étions trois, moi et les deux types avec lesquels je venais de baiser. J’ai pensé que c’était moins animé que l’après-midi. En tout cas, il y a trois semaines, il y avait plus de monde. Ensuite, je n’ai plus revu mes amants de passage. Je suppose qu’ils avaient eu ce qu’ils désiraient et qu’ils étaient partis. Il ne restait donc, pour jouir, que les deux types au bar. Au cas où, en commandant mon second coca, je les avais regardés, et un peu allumés. J’avais bien fait puisque, alors que je buvais mon soda sur le canapé, en me caressant devant l’écran, ils sont venus s’asseoir à côté de moi.

Aucun signe particulier de leur part. Ils regardent l’écran et caressent leurs grosses queues bien raides. Très longue, très grosse, pour le plus mince, une véritable queue de « hardeur », moins longue mais encore plus grosse pour le plus épais. Je n’avais pas joui et ces belles queues me faisaient envie. Eux, par contre, je ne les sentais pas trop. Malgré tout, je provoque. Le plus mince, un peu hautain, me dit : « Ca dépend de ce que tu proposes ». Je leur réponds sincèrement que je ne suis qu’un néophyte, même si ce qu’ils ont vu auparavant peut leur faire penser le contraire. Ils portent tous les deux un large anneau à la section rectangulaire à la base du sexe, anneau leur enserrant la verge et les couilles. « Bien, me relance le plus mince, tu pourrais commencer par nous sucer! » C’est un bon début. Je me mets à genoux devant le canapé et les suce à tour de rôle, tout en branlant celui qui n’est pas sucé. Eux, d’après le peu que je peux voir, pendant ce temps, s’embrassent et se tripotent les seins. Puis le plus large (et a priori le plus sympa) vient derrière moi. Cela me plaît. Je me verrais bien jouir en me faisant prendre par l’un tandis que je suce l’autre. Je suis aux anges. Surtout avec de si belles queues. Il frotte son gland sur ma rondelle, puis appuie un peu comme s’il voulait entrer. Je le touche pour vérifier qu’il a un préservatif. Il n’en a pas. Je le lui dis aussitôt, sèchement (parce que le mince m’a énervé tout à l’heure) : « si tu veux entrer, tu mets un préservatif ». Est-ce ma réflexion ? Le ton de ma voix, l’idée de mettre un préservatif ? Le con débande. Qu’est-ce qu’ils ont tous à débander ce soir ? Il se rassoit. Je suis un peu déçu. J’aimerais bien me faire prendre. Je le re-suce et son copain avec mais il ne reprend pas forme. Et je finis par en avoir marre de les sucer. Je reprends ma place à côté d’eux, celle que j’avais au début, à leur gauche, et je les ignore. Je m’occupe de mon coca et de ce qui se passe sur l’écran. Un ange passe. Plusieurs anges. Beaucoup d’anges. Puis ils se lèvent de concert et descendent. Je n’ai aucune idée de les suivre. Ils ne me plaisent pas – leur comportement, pas leur physique, qui est plutôt agréable. Je ne les sens pas. Et je ne saurai jamais s’ils s’attendaient à ce que je les suive ou pas.

Deux autres personnes sont arrivées pendant que j’étais avec les zozos sur le canapé. Et, comme je n’ai toujours pas joui, elles m’intéressent. Un mince, avec une petite queue perdue au milieu des poils, vient s’asseoir sur le canapé. Il ne me plaît pas. Les deux autres remontent du sous-sol et s’habillent près du bar. Ont-ils fait l’amour entre eux ? M’ont-ils attendu ? Encore une fois, je ne le saurai jamais. Un autre homme, un peu rond, avec un accent bizarre – un mélange de québécois et de pays de l’est – vient s’asseoir entre moi et le poilu. Finalement, il n’y a pas que l’accent qui est bizarre. Il est bizarre. Mais doux et inoffensif. Quand le poilu descend faire un tour, il m’effleure la cuisse avec son index. Un geste bizarre encore une fois. Il me fait penser à Max Jacob que je n’imaginais pas du tout « folle » avant de le voir dans un film. Je dois partir bientôt, et j’ai envie de jouir. Je lui demande ce qui lui plairait. Timidement, avec son accent bizarre, il me dit qu’il aime « lécher le trou de balle ». Je suis partant. Je m’installe à quatre pattes sur le canapé, au même endroit que tout à l’heure avec le deuxième homme, le seul endroit en fait de ce canapé qui n’est pas défoncé. Je lui offre mon cul (je sais que ce dernier est propre). L’homme appuie sur mes reins avec le plat sa main pour me faire prendre la position qui lui convient. Il refera ce geste plusieurs fois au cours de nos ébats. Cela me fait penser aux coiffeurs de mon enfance, et à certains dentistes que j’ai connu, qui me faisaient reprendre régulièrement, sans un mot, la position qu’ils désiraient. Petit à petit, je m’ouvre pour lui laisser le passage. Je sens sa langue en moi. Je suis content pour lui. Je me rappelle les rares fois où j’ai pu le faire avec une femme, et bonheur que ça a été. Je suppose qu’il ressent la même chose et je fais des efforts pour qu’il puisse en profiter au mieux. C’est à lui que je pense au début, à son plaisir, mais, petit à petit, à force de sentir sa langue en moi, c’est mon propre plaisir qui prend possession de tout mon être. C’est une caresse étrange, dérangeante, mais délicieuse. Je l’entends râler derrière moi, grogner comme un ours. Il me fait penser à un sanglier qui essaierait de me mettre son groin. Je reste ouvert et me laisse baiser avec sa langue. Lécher à l’intérieur. Je me caresse. Je commence de perdre la tête. Il doit le sentir car il m’attrape la main pour la retirer de ma queue. Mais il est trop tard. Le plaisir est là. Je la remets là où elle était et me laisse aller. La tête en feu. Je m’ouvre au maximum – pour ne pas l’oublier – et lâche mon sperme sur le canapé.

Je fais un gros effort ensuite pour continuer d’ouvrir mon cul.

Heureusement, il ne tarde pas à jouir.

Il est 23h passées. Il faut que je parte. Je lui répète que j’habite en banlieue, que je dois prendre le train. Il me dit qu’il peut m’héberger, qu’il habite à côté. « Non, lui répondé-je, il faut que je rentre, je travaille demain, mais je serai là dimanche prochain, l’après-midi cette fois ».

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